7/4/2013 – GENT

Dimanche 8h00 du matin, le réveil du Maître du temps sonne et nous ne sommes que deux à réagir. Et pourtant nous sommes dans le squat des « couches tôt » Petit à petit, tout le monde émerge et sort péniblement de son sac de couchage pour partager ses expériences de sommeil plus ou mois difficile en buvant une petite tasse de café ou de thé . Alex nous accompagne jusqu’à l’adresse du jour : « Buurtcentrum Rabot ».

Après un délicieux petit déjeuner, nous nous sommes réunis entre marcheurs pour faire le bilan du premier jour, répartir les tâches des jours suivants et organiser la journée :

  • Il semblerait que quelques marcheurs ne connaissent pas encore les objectifs de la Marche !? Certains rappellent que nous ne participons pas à la Marche pour faire du tourisme mais bien pour : sensibiliser, se faire entendre, échanger pour être plus créatif afin de trouver des nouveaux moyens de lutte, avoir une plus grande visibilité, créer un collectif national, organiser des actions et manifestations nationales…

  • Avant, c’était les sans papiers qui s’organisaient et prenaient les actions de solidarité en mains, malheureusement nous constatons qu’actuellement c’est le contraire. Les auteurs de ce texte pensent que c’est dû notamment à l’insécurité et la division des sans papiers provoquée par la politique d’immigration. Hors ce sont les sans papiers qui doivent semer les graines d’une solidarité et d’une mobilisation entre eux et sensibiliser, impliquer les sans papiers dans toute la Belgique. Les coordinateurs de la Marche voudraient justement progressivement que tous les marcheurs et en particulier les sans papiers reprennent leur Marche en mains, se l’approprient complètement.

  • La manifestation à Bruxelles a eu une bonne visibilité, plusieurs médias sont venus.Il y avait une bonne motivation et une belle énergie.

  • Tout le monde a eu un peu froid la nuit !

Après le repas de midi, nous avons fait des groupes de travail : présentation de la Marche, slogans, médias, logistique.

L’après-midi, nous devions rencontrer des sans papiers et des militants de Gand mais nous n’avons rencontré que les militants.

L’échange a commencé par une présentation de la Marche, l’historique et les objectifs. Et Samir nous a parlé de son expérience de la Marche européenne.

Ensuite, A., une militante de Gand nous a expliqué la situation des sans papiers chez eux :Il y a plusieurs raisons au manque de mobilisation des sans papiers. Nous avons parler de notre déception avec eux lors de la discussion et ils nous ont expliqué cette absence des sans papiers :

  • La peur s’est installée à cause des politiques d’immigration plus sévères.

  • Il y a eu là aussi une division des groupes mobilisés due aux vagues de régularisation et à la différence faite par le gouvernement entre les situations différentes de chaque migrant.

  • Actuellement, à Gand, il y a surtout des associations d’aides caritatives non politisées qui sont très occupées par le problème des roms, très spécifique et urgent. Ils n’ont donc pas le temps de s’occuper des autres.

  • Il y a aussi des associations militantes culturelles comme „Victoria Deluxe“ ou „De Vieze Gasten“ qui font du théâtre engagé, avec des sans papiers. Des actions symboliques sont misent sur pied mais ce n’est plus des mobilisations de masse pour faire des actions ou des manifestations.

  • Les syndicats ne travaillent pas directement avec les sans papiers, se défendant de déjà s’investir dans les ONG officielles tel que le CIRE,… Nous lançons donc un appel aux syndicats de Gand pour qu’ils soient plus directement actifs dans la défense des sans papiers.

Les sans papiers de Bruxelles se sont exprimés et ont fait part de leur expérience:

– Au début, il y avait des mobilisations autour d’un événement comme la mort de Sémira Adamou, des occupations, des grèves de la faim,… De là, ils ont décidés de créer le collectif Sans Papier Belgique (SPB) car ils pensent que c’est important que les sans papiers soient politisés pour se mobiliser et militer eux-même pour leur cause. C’est plus porteur, cela a plus de sens. Ils sont aussi plus efficace pour convaincre d’autres sans papiers.

– Il y a des projets d’utiliser l’art, de faire des action artistique et créative pour montrer son mécontentement par rapport à la politique d’immigration « Immigraction ».

Après avoir souper, 16 marcheurs nous ont quitté pour rentrer à Bruxelles.

Finalement, nous avons assisté à une conférence-débat dont les thèmes concernaient tous les sans papiers mais étaient fort diversifiés. Ce débat un peu „protocolaire“ (avec des intervenants sur un podium et le public devant ) était quand même intéressant et l’un ou l’autre d’entre nous ont pu intervenir.

Enfin, nous sommes rentrer dormir dans nos „squats“ respectifs.